// FR — Goujon d'implantation · DIN 938 · 939 · 835

Goujon prisonnier sur mesure — le tableau d'implantation, et ce qu'on fait quand il casse

Longueurs d'implantation chiffrées de M6 à M64 selon la matière du bâti, méthodes de montage, extraction d'un goujon cassé et réparation d'un taraudage arraché avec un goujon surdimensionné — la pièce qu'aucun catalogue ne tient.

1×d · 1,25×d · 2×d et hors norme
M4 → M64, longueurs libres
Fabriqué d'après le goujon cassé
1 pièce · devis 12 h · 5–10 j ouvrés

Un goujon prisonnier cassé, un taraudage arraché, ou une longueur d'implantation qui n'existe dans aucun catalogue ? Fabricant à façon, EKINSUN usine vos goujons prisonniers à l'unité — d'après un plan, un croquis, ou d'après l'ancien goujon, même cassé en deux. Devis en 12 heures, fabrication en 5 à 10 jours ouvrés.

Ce qu'est un goujon prisonnier — et pourquoi on en met

C'est une tige filetée aux deux bouts, sans tête. Un côté se visse à demeure dans le taraudage du bâti — d'où le nom de prisonnier —, l'autre reçoit un écrou. Selon les ateliers et les régions, la même pièce s'appelle goujon d'implantation, goujon fileté ou vis prisonnière : ce sont des synonymes, et une demande de prix rédigée avec l'un ou l'autre nous parle aussi bien.

La raison d'être tient en une phrase : c'est l'écrou qui s'use au démontage, pas le taraudage du bâti. Sur une pièce qu'on ouvre régulièrement — culasse, carter, bride, échangeur, boîte de vitesses —, une vis classique fait travailler le filetage du bâti à chaque démontage, et ce filetage-là est celui qu'on ne peut pas remplacer facilement. Le goujon déporte l'usure sur un écrou à deux euros.

Deuxième avantage, moins souvent cité : le goujon guide le montage. Sur une culasse ou une bride lourde, les goujons déjà en place servent de pions de centrage pendant qu'on présente la pièce — un vrai confort quand le joint doit rester en position. Un exemple chiffré de bout en bout : notre cas réel de goujons de culasse et de collecteur M10 x 1,5, refaits d'après une description en six phrases.

Le tableau d'implantation, en millimètres

La longueur d'implantation dépend de la matière du bâti, pas du goujon. Voici les trois normes converties en cotes réelles, pour ne pas avoir à faire le calcul.

ØDIN 938 — 1×d
acier, fonte grise
DIN 939 — 1,25×d
fonte légère
DIN 835 — 2×d
aluminium, matières tendres
M66 mm7,5 mm12 mm
M88 mm10 mm16 mm
M1010 mm12,5 mm20 mm
M1212 mm15 mm24 mm
M1414 mm17,5 mm28 mm
M1616 mm20 mm32 mm
M2020 mm25 mm40 mm
M2424 mm30 mm48 mm
M3030 mm37,5 mm60 mm
M3636 mm45 mm72 mm
M4242 mm52,5 mm84 mm
M4848 mm60 mm96 mm
M6464 mm80 mm128 mm

Mesurez les deux extrémités — séparément. Un goujon se trompe deux fois plus souvent qu’une vis, parce qu’on mesure un bout et qu’on suppose l’autre. Posez la règle sur dix crêtes de chaque extrémité et divisez par dix ; vérifiez ensuite le sens de chacune en tenant le goujon vertical. Un côté au pas gros dans le carter et l’autre au pas fin sous l’écrou, ou un côté métrique et l’autre en pouces, est courant sur une machine déjà réparée une fois. Si les deux bouts sont au pas gros dans des dimensions courantes, le goujon DIN 938/939 du commerce peut convenir ; si l’un des deux est au pas fin, en pouces ou à gauche, le goujon se tourne ici, les deux filetages taillés sur vos relevés et calibrés. Relever un pas sur un filetage inconnu →

Ces valeurs sont les longueurs nominales des normes. Elles ne sont pas une obligation : quand le bâti est mince, quand le trou est borgne et peu profond, ou quand on reprend un taraudage existant, l'implantation se calcule au cas par cas — et c'est précisément ce qui fait sortir la pièce du catalogue.

L'erreur qui coûte un carter : monter un goujon à implantation courte dans de l'aluminium. Le goujon, lui, tiendra ; c'est le taraudage du carter qui s'arrachera — et remplacer un carter coûte cent fois le prix du goujon. Dans l'alu, la règle est 2×d. Si le bâti n'a pas la profondeur pour, il faut revoir le montage, pas raccourcir l'implantation.

Les trois façons de monter un goujon — et celle qui ne marque rien

  1. Le double écrou. Deux écrous bloqués l'un contre l'autre sur le bout libre, on visse par l'écrou extérieur. C'est la méthode de tout le monde, elle fonctionne — mais elle serre sur les filets et les marque. Sur un goujon inox ou sur une pièce qui sera remontée, ce n'est pas idéal.
  2. L'outil de pose à galets. Il serre sur le diamètre extérieur sans toucher le profil du filet, et permet un couple d'implantation reproductible. C'est l'outil de l'atelier qui monte des goujons tous les jours. Attention à ne pas confondre les deux valeurs : le couple de pose côté implantation n'est pas celui du serrage côté écrou — voir le tableau des couples de serrage.
  3. Le six pans ou les méplats usinés au milieu. La solution propre : on visse à la clé, avec un couple maîtrisé, et rien ne touche les filets. Sur une pièce fabriquée sur mesure, cela ne coûte qu'une opération de fraisage — et c'est souvent la meilleure chose à demander quand on nous fait fabriquer un goujon.
Goujon usiné sur mesure avec six pans central de serrage entre deux filetages de diamètres différents, acier inoxydable — EKINSUN
Six pans central usiné entre les deux filetages — montage à la clé, couple maîtrisé, filets intacts

Faut-il freiner l'implantation ?

Le défaut classique du goujon prisonnier : au démontage, il ressort avec l'écrou au lieu de rester en place. Trois parades, selon le cas :

MoyenQuand l'utiliserRéserve
Frein filet chimique (résistance moyenne)Cas courant, démontages occasionnelsTenue en température limitée selon le produit
Filetage à interférence sur la partie implantéeDémontages fréquents, pas de produit chimique souhaitéSe demande à la fabrication — c'est un usinage, pas un ajout
Appui en fond de trouTrou borgne à profondeur maîtriséeExige une cote de trou précise ; risque de fendre le bâti si on force

Dites-nous simplement si la pièce sera démontée régulièrement : cela oriente la recommandation, et le filetage à interférence se prépare en fabrication, pas après.

Goujon cassé : l'extraire, puis réparer le taraudage

C'est la raison numéro un pour laquelle on nous contacte au sujet d'un goujon prisonnier. Le déroulé habituel :

Sortir ce qui reste

  • Un bout dépasse — deux écrous bloqués suffisent souvent, à froid ou après chauffe modérée
  • Cassé au ras — perçage au centre puis extracteur ; la difficulté est de percer dans l'axe, sinon on attaque le taraudage
  • Cassé et grippé — électro-érosion par enfonçage : lent et coûteux, mais cela ne touche pas le filetage du bâti

Et ensuite ? Le taraudage est souvent abîmé

C'est là que se joue la vraie décision, et elle est mal connue. Le réflexe est de poser un insert rapporté. C'est parfois la bonne réponse — mais quand la matière le permet, réaléser et tarauder au diamètre supérieur donne un assemblage plus solide qu'un insert, sans pièce intermédiaire.

Le problème est alors ailleurs : il vous faut un goujon avec un côté implantation au diamètre majoré et un côté écrou resté à la cote d'origine, pour que les écrous, les brides et l'outillage existants restent utilisables. Cette pièce n'existe dans aucun catalogue — c'est exactement le genre de goujon que nous fabriquons à l'unité.

Exemple typique : taraudage M12 arraché dans un carter, réalésé et retaraudé en M14. Le goujon de réparation porte alors un M14 côté bâti et un M12 côté écrou, avec la même longueur hors-tout qu'à l'origine. Une pièce, un plan reconstruit chez nous, et le montage d'origine reste inchangé.

Ce que nous fabriquons hors norme

DemandePourquoi le catalogue ne l'a pas
Implantation spéciale — ni 1×d, ni 1,25×d, ni 2×dBâti mince, trou borgne peu profond, contrainte d'encombrement
Deux diamètres différents — réparation de taraudage majoréPièce née d'une réparation, jamais standardisée — voir aussi goujon double filetage
Longueur totale libreLes catalogues avancent par paliers ; votre montage, non
Six pans ou méplats centrauxOpération d'usinage supplémentaire, absente des articles de série
Pas fin d'un côté, pas gros de l'autreCombinaison propre à un montage donné
Pas à gauche sur l'un des côtésAnti-desserrage sur organe tournant
Matière imposée — 42CrMo4 traité, inox A4 / 316L, titaneLe négoce tient l'acier zingué et l'A2, rarement au-delà
Perçage transversal pour goupille ou fil-freinSécurisation exigée par certains cahiers des charges
Culasses & moteurs Brides & échangeurs Carters aluminium Réparation de taraudage Machines-outils Matériel agricole

Ce qu'il faut nous indiquer

  • Les deux filetages — diamètre × pas côté implantation et côté écrou (identiques ou non)
  • La longueur d'implantation — ou, plus simple, la matière du bâti et nous la proposons
  • La longueur totale et la longueur filetée côté écrou
  • Le six pans central si vous le voulez — précisez la cote sur plats, sinon nous proposons
  • La matière, la classe et le traitement de surface ; le certificat 3.1 EN 10204 si nécessaire
  • La quantité — à partir de 1 pièce

Pas de plan ? Une photo du goujon d'origine avec un pied à coulisse posé dessus suffit — même s'il est cassé en deux morceaux. Nous relevons la géométrie par ingénierie inverse, reconstruisons le plan, et vous le validez avant usinage.

Un goujon DIN 938 en 8.8 ou 10.9 répond aux mêmes minima qu'une vis de la même classe — 800 / 640 et 1040 / 940 N/mm² — détaillés avec la dureté dans le tableau des classes de qualité.

La longueur d'implantation d'un goujon suit la même règle que la longueur en prise d'une vis — 1 × d dans l'acier, 2 × d dans l'aluminium — détaillée dans le tableau de perçage et taraudage ; les longueurs normalisées de la vis équivalente sont dans le tableau des longueurs de vis.

Questions fréquentes

Une tige filetée aux deux bouts, sans tête : un côté se visse à demeure dans un taraudage — d'où « prisonnier » —, l'autre reçoit un écrou. On l'utilise quand la pièce est démontée souvent : c'est l'écrou qui s'use, pas le taraudage du bâti. Classique sur culasses, brides, carters et échangeurs.

Elle dépend de la matière du bâti : ≈1×d dans l'acier et la fonte grise (DIN 938), ≈1,25×d dans les fontes légères (DIN 939), ≈2×d dans l'aluminium et les matières tendres (DIN 835). Un M12 s'implante donc sur 12, 15 ou 24 mm selon le cas. Donnez-nous la matière du bâti et le diamètre : nous proposons.

Le double écrou fonctionne mais marque les filets. L'outil de pose à galets serre sur le diamètre sans toucher le profil. La solution la plus propre est un six pans ou deux méplats usinés au milieu du goujon : montage à la clé, couple maîtrisé, filets intacts — une simple opération de fraisage sur une pièce sur mesure.

Si un bout dépasse, deux écrous bloqués suffisent souvent. Cassé au ras : perçage dans l'axe puis extracteur. Cassé et grippé : électro-érosion. Le vrai sujet vient après — si le taraudage est abîmé, réaléser au diamètre supérieur est souvent plus solide qu'un insert, et nous fabriquons alors le goujon à deux diamètres correspondant.

Souvent oui, sinon il ressort avec l'écrou. Frein filet chimique de résistance moyenne, filetage à interférence sur la partie implantée (à demander en fabrication), ou appui en fond de trou. Précisez si la pièce sera démontée régulièrement.

Oui, et c'est l'essentiel de nos demandes : implantation hors des trois normes, longueur libre, au-delà de M24, pas fin d'un côté, deux diamètres différents, six pans central, perçage transversal. Tout se programme au tour, à partir d'une pièce.

La tige filetée (DIN 976) est filetée sur toute sa longueur, ses deux bouts sont identiques, elle traverse et serre un empilage. Le goujon prisonnier a deux parties filetées séparées par une portée lisse et ses bouts ont des fonctions différentes : l'un s'implante, l'autre reçoit l'écrou. Si vous hésitez, décrivez le montage plutôt que le nom — et voyez notre page tirant et tige filetée si la pièce travaille surtout en traction.

Oui, sans frais d'outillage ni quantité minimale. Une réparation ponctuelle est une commande normale : devis en 12 heures, fabrication en 5 à 10 jours ouvrés plus le transport.

Un goujon prisonnier cassé ou introuvable ?

Envoyez une photo — même en deux morceaux — ou les cotes. Réponse en 12 heures, à partir d'une pièce.

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